Qui sont ces drôles de zigotos ?

Les zoogotos sont des lettres « incarnées » (en script), que nous avons imaginées afin d'aider les enfants à atteindre un objectif essentiel pour se préparer à la lecture : connaître les lettres leur nom, leur forme, mais surtout le(s) son(s) qu'elles produisent.

Cet objectif est d'ailleurs explicité aux enfants dès le départ pour qu'ils sachent :

 ce que l'on attend d’eux : connaître les lettres et les sons qu’elles « font chanter » ;

 et à quoi cela leur servira : à apprendre à lire et à écrire, grâce à ce code de correspondance lettres/sons.


Les zoogotos proposent simplement des lettres plus "parlantes" et attrayantes, différentiables et non abstraites, qui stimulent l'intérêt des enfants, captent leur attention, et augmentent leurs capacités de mémorisation *.

Calqués sur les lettres en script pour une ressemblance optimisée, ils ne constituent pas un nouveau "code", et ne complexifient donc pas les apprentissages. Au contraire, les zoogotos sont des soutiens très efficaces pour mémoriser plus facilement l'association d'une lettre et d'un son. (Voir aussi Les "plus").


On peut préciser aux enfants qu'apprendre les lettres et les sons n’est pas simple, car :

 

 Beaucoup de lettres se ressemblent et sont souvent confondues (par exemple, les lettres "miroir" bdpq).

 Beaucoup de sons se ressemblent ou sont difficiles à percevoir (f/v ch/j d/t k/g b/p s/z...).

 Une même lettre fait parfois chanter deux sons distincts (par exemple, le c et le g).

 Pour certains sons, une lettre ne suffit pas ; il faut en "coller" deux ensemble (ch oi ou on an in).


Ils comprennent alors en quoi les zoogotos vont les aider :

 

 Ils se distinguent très bien les uns des autres.

 Grâce à leur nom, on retrouve facilement le son de la lettre, ou association de lettres.

 Chaque zoogoto ne fait chanter qu'un seul son (sauf le w et le y).

 Les digrammes les plus fréquents ont leur zoogoto. 


   



L'attrait des zoogotos repose sur la curiosité naturelle des enfants pour les animaux (voire sur leur fierté à en connaître certains que les adultes ignorent !). Guidés par Eugène, le soigneur des zoogotos, ils deviennent vite des experts en "zooGOlogie" et souhaitent tous les apprivoiser !


En revanche, il ne s'agit pas de s'appuyer sur une histoire, qui risquerait de créer de la confusion en détournant les enfants de l'objectif pédagogique, ni sur des personnages imaginaires dont les enfants n'arriveraient pas à se détacher au moment d'apprendre à lire.


Et d'ailleurs, chaque fois qu'un enfant n'a plus besoin du soutien d'un zoogoto, c'est que ce dernier a rempli sa mission ! Seule reste alors la lettre "classique" pour avancer vers la lecture...



Les auteures des zoogotos

Cécile de Vigan et Sophie Bachelin sont professeures des écoles à Paris.

Cécile est formatrice spécialisée en Maternelle, et Sophie enseigne au Centre Paris Lecture.




* L'éclairage des neurosciences cognitives sur la mémoire


Les neurosciences ont montré que, pour être capable d'enregistrer puis de retrouver une information, différents chemins de mémorisation s'activent dans le cerveau :

 une voie perceptive, rattachée aux sens, qui se déclenche grâce à des images, des sons, des émotions...;

 une entrée sémantique, qui s'appuie sur les mots, avec un vocabulaire spécifique;

 et une mémoire épisodique, qui fait appel au souvenir d'une situation particulière.

 

Les zoogotos permettent d'emprunter ces trois chemins :

 Ils sont attrayants visuellement, suscitent la curiosité et des émotions positives, captent l'attention, sont animés dans les vidéos de morphing, manipulés, touchés grâce aux figurines...

 Chacun est associé à de nombreux mots, supports de mémorisation : le prénom, l'animal, le petit virelangue descriptif, tous les mots des chasses aux sons...

 Ils sont mis en situation dans des décors dédiés (dans l'album) et dans les nombreux ateliers proposés.

 

Ils sont donc identifiés et mémorisés beaucoup plus facilement qu’une lettre classique, abstraite et un peu austère : face à une lettre mal maîtrisée, l’enfant peut visualiser le zoogoto très ressemblant, et, en disant le nom de l’animal ou son prénom, retrouver facilement le son et le nom de la lettre. Il développe ainsi des automatismes de travail (ce que l’on appelle la mémoire procédurale), d’abord consciemment, puis de manière spontanée et immédiate (sans plus avoir besoin de passer par la visualisation du zoogoto).

Article utile : Comprendre le fonctionnement de la mémoire. Inserm 2019.